A FLEUR D'ESTUAIRE

 

Passé le Bec d'Ambès, la Dordogne et la Garonne s'épousent.

L'estuaire de la GIRONDE offre alors, sur plus de 70 kilomètres, lit à des eaux limoneuses chargées des matières minérales et organiques charriées par les deux fleuves depuis le Massif-Central et les Pyrénées.

Poussées par la force océane, des marées puissantes rythment cex eaux qui s'insinuent entre les îles puis forment, au delà de St. Estèphe un bras de mer jusqu'au phare de CODOUAN.

 

LES EAUX MELEES.

 

Les masses d'eaux venues de la Garonne et de la Dordogne s'affrontent avec la marée atlantique lourde de sel et de sable. Acteur principal d'une histoire riche et longue scandée par les échanges, les invasions, lanavigation côtière et les voyages au long cours, la mer de Garonne s'impose par son ampleur, sa force difficilement maîtrisable, ses jeux de lumière nés du contraste des eaux mêlées.

Face à cette puissance, les hommes depuis des siècles érigent des digues, creusent des chenaux, construisent des écluses. De ce combat permanent naquirent les marais, terres fertiles,prairies humides où se côtoient les cultures céréalières, le maraîchage et l'élevage intensif.

 

LA RIVIERE ET SES MONDES.

 

C'est l'heure bleue, ce moment particulier où les eaux couleurs fanées de la Gironde prennent une réelle note bleue, cadeau du soleil couchant.

Sans doute est-il possible de rêver en silence à ces temps, pas si lointains, où les longs courriers des messageries maritîmes saluaient de leurs sirènes le petit peuple des marais ignorant tout des contrées ultramarines où ces navires orgueilleux avaient des rendez-vous commerciaux.

 

LE PEUPLE DES MARAIS.

 

Plus de 250 espèces sauvages peuvent être observées sur l'estuaire et ses marais. Les espèces présentes à l' année voisinent avec les grands migrateurs qui trouvent au sein des paysages esturiens des aires de repos et d' alimentation.

Colvert, Tadorne de Belon, Busard des roseaux, Héron cendré, Aigrette Garzette côtoient la Cigogne blanche, le Milan Noir, le Circaète Jean de Blanc, la mésange à moustache .... pour ne citer que les plus remarquables.

 

L'ARCHIPEL DE GARONNE.

Mystérieuses et mouvantes, les îles de l'estuaire naissent incertaines, grandissent et se développent jusqu' à s'épouser parfois comme l'île CAZEAU, l'île du NORD etl'île VERTE qui forment aujourd'hui une langue de terre derriere laquelle s'abrite l'île MARGAUX. Plus en aval, l'îlePATE dissimule sous ses frondaisons le petit fort construit par VAUBAN . En prenant le bac Lamarque-Blaye on frôle la NOUVELLE et BOUCHAUD. 

Face au port de Beychevelle, le vasard du même nom continu de s'engraisser

des limons du fleuve, PATIRAS s'étire face aux quais de Pauillac.

 

ICI L'ON PECHE.

La pêche professionnelle fait vivre une cinquantaine de familles sur l'estuaire.

Aloses, lamproies, piballes et maigres représentent les plus gros d'une pêche saisonnière, la crevette blanche, quant à elle, se pêche toute l'année.

Alignées tout lelong de la rive , cabanes perchées sur leurs frêles échasses, les carrelets, composent un paysage en même tems qu'ils signifient un art de vivre.